FLUIDITÉ, LÉGÈRETÉ, ALIGNEMENT,
NON-VOULOIR, VIDE, MAÎTRISE DE SOI
Peu importe la technique, peu importe la distance, six grands principes régissent le shoot au basket-ball.
1 La fluidité
Croire que l’on est important alourdit, rend maladroit en vain. Pour devenir homme de connaissance il faut absolument être léger et fluide.
Carlos CASTANEDA,Voir, folio essais, p.17-18
Être fluide au basket : ne rien forcer, analyser avec vigilance le positionnement des partenaires et des adversaires, danser son action
2 La légèreté
Ce n'est pas par la colère, mais par le rire que l'on tue. En avant, tuons l'esprit de lourdeur ! J'ai appris à marcher : depuis lors, je me laisse courir. J'ai appris à voler, depuis lors je ne veux pas être poussé pour changer de place. Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant je me vois au-dessous de moi, maintenant un dieu danse en moi.
NIETZSCHE, Ainsi parlait Zarathoustra, Troisième partie, « De l’esprit de lourdeur »
Être léger au basket, c’est ne pas insister en vain, s’adapter à la situation, être habité par la joie du sport.
Il y a dans la joie un mécanisme approbateur qui tend à déborder l’objet particulier qui l’a suscitée pour affecter indifféremment tout objet et aboutir à une affirmation du caractère jubilatoire de l’existence en général.
Clément ROSSET, La force majeure, éditions de Minuit
3 L’alignement corps, cœur, tête
Ce chemin a-t-il un cœur ?
Un chemin qui a du cœur est facile : on n’a pas besoin de se donner de la peine pour l’aimer.
Carlos CASTANEDA, L’herbe du diable et la petie fumée, folio essais
Le corps s’aligne, ancré au sol
Le cœur s’aligne : une passe serait-elle plus judicieuse que le shoot ?
La tête s’aligne : 1 réflexion, calcul de la trajectoire
2 action, lâcher prise
Avant de prendre une décision pense et inquiète-toi, mais une fois qu’elle est prise, libère-toi des pensées et des inquiétudes.
Carlos CASTANEDA, Voir, p. 67
4 Le Non-vouloir
Vivre dans la Grande Voie
n’est ni facile ni difficile,
mais ceux dont la vision est limitée
sont craintifs et irrésolus,
et plus ils se dépêchent, plus ils vont lentement -
l’attachement ne connaît pas de limites;
S’attacher à l’idée de l’illumination,
c’est également s’égarer.
Laissez simplement les choses être telles qu’elles sont,
et il n’y aura ni allée ni venue.
Obéissez à la nature des choses- votre propre nature,
et vous avancerez librement, sans être perturbés.
Quand la pensée est emprisonnée,
la vérité est cachée,
car tout est trouble et obscur
et la pratique pesante du jugement
amène la contrariété et la lassitude.
Quel bénéfice peut-on tirer des distinctions
et des séparations?
Si vous voulez cheminer sur la Voie,
ne rejetez pas le monde des sens et des idées.
En vérité, les accepter pleinement
est identique à une véritable illumination.
L’homme sage ne poursuit aucun but,
mais l’homme insensé s’enchaîne.
Il y a un dharma, une vérité, une loi,
il n’y en a pas plusieurs;
les distinctions proviennent des attachements,
des besoins de l’ignorant.
Rechercher le Mental avec un mental discriminant
est la plus grande erreur qui soit.
Maître Sosan
5 Le Vide
Le repos et le non-repos dérivent de l’illusion;
avec l’illumination, il n’y a ni aime, ni n’aime pas.
Toutes les dualités proviennent de l’ignorance.
Elles sont comme des rêves ou des fleurs dans les airs
que les sots tentent de saisir :
Gain et perte, juste et faux,
finalement, de telles pensées doivent
être abolies d’un coup.
Si l’œil ne dort jamais,
les rêves cessent naturellement.
Si le mental ne fait pas de discriminations,
les dix mille choses sont telles qu’elles sont,
leur essence est unique.
Comprendre le mystère de cette essence unique,
c’est être libéré de tout attachement.
Quand on voit tout d’un même regard,
l’essence intemporelle du Soi est atteinte.
Aucune comparaison, aucune analogie n’est possible
dans cet état sans cause ni relation.
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Considérez le mouvement immobile
et l’immobile en mouvement
et ces deux états, mouvement et repos
disparaissent.
Quand de telles dualités cessent d’exister,
l’unité elle-même ne peut pas exister.
En ce qui concerne cette ultime finalité,
aucune loi ni description ne s’applique.
Pour le mental unifié, en accord avec la voie,
tout effort centré sur soi cesse.
Les doutes et les indécisions disparaissent
et la vie en la Foi véritable est possible.
D’un seul coup, nous sommes libérés de l’esclavage ;
rien ne s’accroche à nous, et nous ne retenons rien.
Tout est vide, clair, s’illumine,
sans aucun effort du pouvoir du mental.
Ici, pensées, sentiment, connaissance et imagination
ne sont d’aucune valeur.
Maître Sosan
6 La maîtrise de Soi
Non, je ne m’irrite jamais contre quelqu’un. Personne ne peut faire quelque chose d’assez grave pour cela. On s’emporte contre les gens quand on considère leurs actes comme important. Et pour moi, ce n’est plus le cas de puis longtemps.
Carlos CASTANEDA, L’herbe du diable et la petite fumée, folio essais
