Les contes apocryphes du soleil noir
KIRUNA
Inspectant une dernière fois la robustesse des renforts pour le dernier puits creusé dans la mine de Kiruna, ma lampe frontale accrocha un éclat de lumière intriguant. Je m’approchai tel un loup et découvrit avec émerveillement une géode de cristal géante. J’y introduis la main pour évaluer la profondeur de ce trésor ancestral.
Je fus aspiré par un violent vortex qui me propulsa dans une salle sans ouverture mais particulièrement brillante. 108 elfes hyperboréens m’accueillirent en chantant ces mots dans ma tête vide : ”Bienvenue dans la Terre Creuse du Soleil Noir.”
Je découvris pendant 77 jours les secrets de ce monde souterrain. Je ne partagerai pas cette expérience de toute manière indicible…
Il appartient à chacun de passer du Savoir à la Connaissance...
L'APPEL DU SOLEIL NOIR
Encore aveuglé par la lumière crue de la lampe blanche de ma chambre, sortant de mon lit à baldaquin et du monde puissant des rêves, quatre mots me martelaient le crâne. J’étais presque sourd d’oreille d’une cloche de cathédrale vibrante au diapason du monde.
“Cherche le Soleil Noir” secouait mon corps et mon cœur et mon âme d’enfant de chœur.
Lâchant mon travail et mon statut d’ingénieur en cybersécurité, relâchant prise sur tous mes attachements, je partis, à pieds, seul, accompagné de mon ombre vide, sur les routes de la Laponie, au moment du Soleil de Minuit. Persuadé d’avoir trouvé le précieux Soleil Noir, je redescendis vers les Hommes et débutai un enseignement lumineux qui éclaira de nombreuses âmes assoiffées de quelque chose d’indicible. Brûlant d’un feu intérieur puissant, j’aveuglai autant que j’élevai le corps et les esprits libres.
Après une douloureuse mais nécessaire récapitulation, après trente années infructueuses et pleines d’incompréhension agressives et totalitaires, j’entendis enfin la voix limpide du cœur qui nous murmure en permanence la force impeccable du silence, affutant le mental comme du métal originel, et sculptant le corps tel le Temple inaccessible du Soleil noir central.
LES DITHYRAMBES DE LA SEPTIEME SOLITUDE
Ici, où entre les mers l’île atlante a percé mon oreille, — pierre sacrificatoire qui s’élance, escarpée, — ici sous le noir ciel, — Zarathustra allume ses feux ébènes sur les hauteurs chtonienne, — signes de feu d´Albion pour les pilotes de chasse au cachalot en détresse, — points d’interrogation ipséique pour ceux qui savent répondre.
Cette flamme noire brillante au ventre grisâtre, — vers les lointains froids hyperboréens ses langues du Saint Esprit poussent leurs désirs, — vers de toujours plus pures hauteurs elle tord son cou de cougar, — un serpent ouroborique est dessus, dressé d’impatience tel un âne ithyphallique; — ce signe iridescent, je l’ai placé devant moi selon la géométrie sacrée fibonnaccienne.
Mon âme, elle est cette flamme noire, — insatiable vers de nouveaux horizons spatio-temporels, — elle jaillit plus haut, plus haut, son ardente ubiquité. — Pourquoi Zarathustra a-t-il fui animaux et hommes ? — Pourquoi après les sacrements sauvages, s’est-il enfui de la terre-mer ferme ? — Il connaît déjà six solitudes, — mais la mer elle-même ne lui était pas assez solitaire, — sur l’île atlante il s’est hissé, sur la montagne golghote il est devenu flamme invisible, — vers une septième solitude — il jette maintenant sa ligne investigatrice par dessus sa tête décapité.
Ruines des vieilles étoiles naines ! — Mers de l’avenir préhistorique ! Cieux infernaux inexplorés ! — Vers tout ce qui est solitaire béni je jette maintenant ma ligne circulaire: — répondez à l’impatience de la flamme violette, — à moi le pêcheur des hautes montagnes, dans sa septième et dernière solitude …
LA SUPERNOVA DU SOLEIL NOIR
Au crépuscule le coq-phoenix
Annonce l’aurore du Surhumain ;
À minuit le plein soleil noir.
夕暮れ、鳳凰の鶏が
超人の夜明けを告げ、
真夜中に、漆黒の太陽が昇る。
